Le peuple est de retour. Evoqué, convoqué, invoqué, il est à nouveau au cœur des conversations et des préoccupations politiques. On ne parle que de lui. Ceux qui l’ont oublié depuis si longtemps en font beaucoup, trop sans doute, pour se faire pardonner. Ceux qui ne cessent de s’en prévaloir, bruyamment et à tout propos, protestent de leur antériorité pour en réclamer l’exclusivité. Ceux qui gouvernent se souviennent soudain qu’ils devraient le faire en son nom. Chacun y voit sa chance pour l’élection qui s’annonce. Aller au peuple, le comprendre voire, audace suprême en démocratie, lui donner raison ! Faut-il être populiste pour devenir populaire ?
— Le Sens du peuple, p. 9 (premières phrases de l’introduction).